Départ pour la Lituanie pour plusieurs mois... On n'a jamais vraiment su pourquoi ^^

mercredi 30 mars 2011

Ah oui aussi...

Juste pour revenir vite fait sur notre chère corruption ukrainienne.
Un soir, nos deux espagnols du groupe ont décidé de partir à la recherche d'un endroit où manger.
A 50 mètres de l'hôtel, voilà deux policiers qui s'approchent et leur demandent leurs papiers. Bon, nos compagnons de route sont en tord parce-qu'il ne les ont pas, soit, mais ils expliquent qu'ils habitent juste à côté et qu'ils peuvent leur présenter.
Mais que nenni, les policiers n'en ont que faire et menacent de les embarquer; les embarquer, à moins que les deux jeunes ne lâchent quelques beaux billets pour clore l'affaire. Ils demandent 50 UAH chacun (5€ chacun) et, âmes charitables qu'ils sont, ils les amèneront quelque-part où manger. Les espagnols n'ont pas trop le choix et s'exécutent.
Les policiers les amènent 100 mètres plus loin mais tombent sur un restaurant fermé.
Sans se démonter pour le moins du monde, ils lâchent un "Ah mince. C'est fermé. Bonne chance!" et abandonnent les deux amis dans la nuit froide et mouillée ukrainienne.
Les deux garçons sont rentrés à l'hôtel bien vite, la faim au ventre.
Ca montre quand même à quel point c'est courant mais aussi à quel point le pays est pauvre. Sans rire, 10€ pour soudoyer deux policiers, vous y croyez vous?

24-28/03/11 - Minsk (Biélorussie) & Kiev (Ukraine)

Lorsque le bus parti ce matin à 5h03 de devant la cathédrale de Vilnius, je ne savais pas que je m’embarquais pour ce qui allait être le plus long voyage de ma vie mais aussi pour un gros choc culturel et une des plus belles villes que j’avais jamais vu (ouaiiis, je sais, ça fait la 3e fois que je dis ça mais, KIEV quoi !).
On arrive à la frontière biélorusse entre 7h30 et 8h et on y reste environ 2h, juste à attendre, mais c’est normal apparemment. Après encore quelques heures sur les routes désertes et grises, on arrive enfin à Minsk sur les coups de 11h.


 Minsk, voilà quelque-chose de différent de ce qu’on a l’habitude de voir. En même temps, les dictatures en Europe de l’Est, ça se fait plus trop…
Trois immeubles très colorés (bleu, vert et jaune) nous ouvrent les portes d’une ville qui contraste beaucoup avec ces bâtiments bariolés. On récupère le guide et direction la place centrale.
Place centrale… Bizarre à dire, surtout quand il n’y a absolument personne dans les rues. Ok, il fait froid, il est 11h du matin et on est un jeudi mais bon, essayez Paris dans les mêmes conditions ! Ou même Vilnius tiens !
Bon, tout est extrêmement austère, droit, grand, gris, c’est très impressionnant. Les routes sont larges mais peu empruntées. Les bâtiments qui ne sont pas droits, grands et gris sont détruits ou en ruines mais tout aussi austères.
A l’entrée des stations de métros, il y a encore le symbole de la faucille et du marteau couronnés d’un énorme CCCC. Wow.


Des énormes statues ont été construites un peu partout dans la ville : Lénine mais aussi des musiciens et des soldats qui sont censés représenter les bons citoyens, la base d’une bonne société. Etonnant.

Dur de trouver un restaurant pour 25 aux alentours de midi mais après avoir trouvé un petit resto et englouti un mini bout de porc et 3 pauvres légumes, on retourne dans notre bus rose Barbie. Oh ! J’avais oublié de préciser ça ! Notre bus est rose Barbie ! Avec écrit FAG sur la plaque d’immatriculation. Mais c’est bien pratique à repérer dans toute cette grisaille.

On quitte Minsk à 15h.
Nous sommes à 350km de la frontière et 600km de Kiev. Les rues sont absolument pourries. C’est vrai quoi, à l’époque il valait mieux s’attirer les bonnes grâces de Lénine plutôt que celles du peuple. Mettons de l’argent dans les statues plutôt que dans les routes. Comme ça en plus, les gens mettront plus de temps s’ils veulent s’enfuir, haha.
Enfin bref, nous arrivons à la frontière vers 21h. Longue route, et on pensait pas y rester si longtemps…

Biélorussie, pays où la corruption est reine….
Elle est tellement présente et importante qu’on y croit pas.
Franchement, le douanier ivre qui rentre dans le bus pour de la vodka et du café en échange des passeports, tu te crois dans un film.
Il a d’abord récupéré nos passeports et, voyant qu’il ne revenait pas après trois heures (littéralement), les chauffeurs ont décidé d’aller voir ce qu’il se passait. On leur a alors fourni des très longs questionnaires tout en russe (bah ouais, c’est pas aussi drôle sinon) à remplir de manière précise et détaillée. Forcément ça prend du temps : seulement quelques personnes parlent ou comprennent le russe dans ce bus, donc ils le remplissent et le font passer. Bon après dix bonnes minutes comme ça (donc six incluses  à vérifier que c’est bien ton nom que t’as écris et pas celui de ton voisin), les chauffeurs refont la navette. L’un des douaniers regarde les questionnaires distraitement quelques secondes puis de nouveau les chauffeurs et là commence une des conversations les plus surréalistes que j’ai jamais entendu :

Douanier : Et alors, il est où l’argent pour les bières ?
Chauffeurs : Nan nan, s’il-vous-plaît, on voudrait faire ça rapidement, tout le monde est fatigué, ça fait des heures qu’on attend…
Douanier : Bah ouais mais si je veux je peux les faire attendre encore 5h… ou 1h… ça dépend de vous…

Les chauffeurs lui donnent un peu d’argent, les douaniers jettent tous nos formulaires (qu’on avait été tellement fiers de remplir !) et rendent nos passeports. Ouais. Bon. Normal business.

On quitte la frontière à minuit (c’est long trois heures sans rien faire à attendre à attendre qu’un mec bourré parlant une langue inconnue te rende ton passeport.
On dira ce qu’on voudra, vive l’espace Schengen quand même.

On est arrivé à l’hôtel à 4h. L’arrivée dans la ville de nuit est magique ; mais l’accueil à l’hôtel l’est nettement moins. Le propriétaire est un gros texan repoussant désagréable qui ronfle sur le canapé en portant un sexy débardeur d’où s’échappe quelques pans de peaux bien appétissant (ironie quand tu nous tiens…). Il grogne parce-qu’on fait trop de bruits alors qu’on a qu’une envie c’est de se brosser les dents et dormir !
On nous fait enlever nos chaussures et le jeune qui l’aide (qui ressembe à Kenshin le vagabond et a une main brûlée (non non, pas de référence stupide et méchante à la courte distance qui nous sépare de Tchernobyl)) essaye de nous trouver une chambre. Pas de problème pour les gars, tous ensembles dans la même pièce alors que nous, pauvres filles fatiguées et sans défense on se retrouve avec des gens inconnus.
Grosse flemme de faire mon lit, j’ai l’oreiller de mon dortoir et je m’endors, j’ai encore mon pantalon.


 *

Levé vers 10h30-11, mais une nouvelle mission nous attend… En plus du plan foireux des chambres, les douches sont pas mal. Enfin, les douches, pourquoi pluriel ? La douche, tout simplement… Ouep. Une seule douche. Pour tout l’hôtel. Dont au moins 25 étudiants étrangers. Puants. Et civilisés. Donc, une seule douche, sans eau chaude. Enfin, si, je suis mauvaise langue, il y en a. Il ne faut pas tourner le robinet d’eau froide, pas du tout, juste le chaud, attendre une dizaine de secondes, et si c’est toujours pas chaud (« température décente » sera un terme plus raisonnable à employer), tout arrêter, attendre cinq minutes et tout recommencer. Epique. Surtout le matin quand ya au moins vingt-quatre autres personnes qui attendent derrière la porte, en sous-vêtement, la trousse de toilette à la main, les cheveux qui disent bonjour au soleil.
Aaaaaah l’Ukraine…
Après tout ça, on décide d’aller se promener, moi et mes deux copines. Premier distributeur de billets -> découverte des billets ! Jaunes, roses, oranges ! Billets de 1, de 2, trop bien ! Ils font d’ailleurs partie des billets les plus beaux du monde d’après une étude internationale ! La classe ! Et la ville a bien l’air magnifique, on ne s’était pas trompé la veille.

On retourne à l’hôtel, retrouve le guide, le bus et direction le monastère. Wow. Malgré la pluie, c’est magnifique ! C’est fou ! Les églises protestantes sont tellement belles ! Du doré partout et des couleurs vives surtout ! C’est incroyable !
On va même dans les « caves » (ou souterrains). Tu achètes une bougie à l’entrée pour t’éclairer à l’intérieur et c’est aussi symbolique, et quand même beaucoup plus classe que s’éclairer avec la lumière de son portable. On doit avoir la tête couverte pour entrer, c’est très très étroit et plutôt sombre et à l’intérieur il y a les corps sacrés de certains Saints (donc c’est pas si mal qu’il fasse sombre). Wow. Tant de dévotion ! C’est impressionnant ! Etonnant et admirable. Les gens embrassent les cercueils (qui sont transparents), les tableaux, ils se mettent à genoux, par terre, au milieu de l’élise… Et pas que les vieilles bonnes femmes qui ont l’air illuminé ! Elles aussi. Mais pas seulement.

Après tout ça, on retourne à la civilisation (bon la civilisation ukrainienne, ça reste relatif, hahaha) pour se nourrir. Et là, encore un choc : les prix. Prenons un exemple simple (en plus, la conversion l’est aussi) : un menu best of Big Mac en France : 6,20€. A Kiev (réputée pour être la ville la plus chère d’Ukraine) : menu équivalent de fast food : 20 UAH (pour le changement en euros il suffit de diviser par dix) : 2€.
Inutile de dire qu’on se fait plutôt plaisir.
On se promène ensuite un peu dans la ville, elle est vraiment chouette et les gens sont souriants et gentils ! Et beaux ! Ils ont l’air beaucoup plus sains  que les Lituaniens. Toujours agréable à voir. Et ils sont aidant. Je commence donc à croire que c’est un problème essentiellement lituanien.

*


Après un levé à 10h et une nouvelle mission douche, tour de la ville et visite de la Sophia Church. Wow. Blanche avec des rainures bleu ciel et le toit doré, c’est superbe. On rentre dans l’enceinte « religieuse » et en face de nous, un monastère, cette fois au toit vert. Les nuages gris et la pluie qui tombe n’arrivent pas à atténuer la force des couleurs vives qui perce la froideur du temps.


On est aussi allé voir l’ « Arche de l’amitié ». Oui oui, c’est le nom officiel. En gros c’est une arche, grise, en métal, avec devant deux statues de mec contents qui sont, à priori, amis. Mmh mmh, ok.


Bon, on reprend les choses sérieuses et mes copines on va dans un café pour un petit déjeuner tardif : pancakes et cappuccino (3€) ça fait plaisir dans n’importe quel pays :)
La journée était à peu près normale jusqu’à ce qu’on aille au restaurant pour dîner et où on a rencontré les ukrainiens les plus bizarres du monde (peut-être même les garçons les plus bizarres du monde, sans précision sur la nationalité). Ils nous ont entendu parler français et sont donc venus à notre table, puis nous ont invité à la leur, payé une bouteille de vin, des cigarettes, une pizza et nous ont posé plein de questions ! L’un d’eux, au centre de ses deux amis avait ouvert un petit calepin et écrivait nos réponses. On était toutes les trois face à eux, ça pouvait faire penser à un interrogatoire. Mais c’était des questions bizarres ! « Quel est votre film préféré ? Votre sport préféré ? Votre couleur préférée ? » Bizarre j’vous dis…
Donc du coup on avait prévu d’aller dans un pub après pour rejoindre les gens du groupe, bah voilà, raté ! A la maison à 23h40 ! Et comme dans notre hôtel ils éteignent les lumières à minuit…
Bizarre j’vous dis…


*

Comme nous, les sept seules filles du groupe, avons la chance et le privilège de partager notre chambre avec des inconnus (surtout masculins), nous avons aussi eu la chance et le privilège de nous faire réveiller par de foooooorts ronflements. Pas des petits ronflements français hein, nan nan, du bon gros ronflement de l’est !
C’est alors que chacun y va de sa technique pour les calmer : « En Italie on fait comme ça ! » « En Slovaquie on fait ça ! » « Ah, en France, on siffle ». Et puis on décide de claquer la porte : simple, rapide, bruyant et surtout, efficace ! Mais pas trop longtemps non plus…
Enfin, magique petit-déjeuner le matin : muffin, doughnuts, pain, beurre, nutella, confiture, céréales, fruits…. Nos organisateurs savent à qui ils on à faire.
Le temps est à son meilleur, pas un nuage dans le ciel qui est bleu azur. Avec mes copines ont décide de s’éclipser du groupe pour se perdre un peu dans la ville par nous-même : palais présidentiel, églises toutes plus belles les unes que les autres (dont une bleue comme on a jamais vu une église bleue, ma-gni-fique), pourtant c’est pas mon truc les églises…. On tombe sur un super petit marché trop mignon artisanal et pas artisanal (où un de nos potes va y croiser Pete Doherty bourré quelques heures plus tard, en train d’acheter un tableau).
Après ça on se pose dans un restaurant du centre commercial. Vie pas chère : pancakes pomme de terre + poulet + salade + café + tarte aux pommes, pour deux : 11€.
Ensuite, courses au supermarché pour le voyage du retour. Vie pas chère : Sandwich + coca + kit-kat + énorme snickers + 3 pommes + deux paquets de cigarettes : 8€. Ouais, d’accord, essaye de faire ça en France tiens ; tu t’en sortiras avec un paquet de cigarette et une pomme.
On quitte finalement la capitale à 17h (ah oui, la vodka la plus chère est à 5€ là-bas… voilà…).

Impossible de dormir donc j’ai discuté avec à peu près tous les gens qui étaient à porté de murmure de mon siège. J’ai ainsi appris à dire chauve-souris en espagnol (« murcielago », toujours utile) et Wish you were here passait à la radio. Ya des vies plus difficiles quand même…




On arrive aux aurores tardives à Vilnius, à la maison :)
On croire deux sourds-muets dans le bus qui vont à l’école. Faut-il être handicapé pour être sain dans ce pays ?