Bon, qu’on se le dise maintenant, la deuxième religion officielle de la Lituanie est le basket-ball, et ils y sont plutôt bon les bougres ! Dès le soir de notre arrivée, la France s’était fait ramasser par notre nouveau pays d’accueil, on a réalisé l’entrain que ce sport provoquait derrière lui. C’était donc un grand événement pour tous (bon, surtout pour nous, étudiants Erasmus) lorsque le 12 septembre, la Lituanie affrontait la Serbie pour la troisième place du Championnat international (bah ouais, rien que ça. France, où es-tu ?) et que le match était retransmis sur écran géant devant l’hôtel de ville.
Cette soirée fut un événement important dans ma vie Erasmus pour plusieurs raisons :
Premièrement, je me suis sentie bien en Lituanie pour la première fois depuis mon arrivée ; à l’aise parmi les habitants de Vilnius et presque nationaliste à les supporter comme je n’avais encore jamais supporté un pays dans une compétition sportive.
Deuxièmement, et plus important, j’ai rencontré ceux qui allaient devenir mes meilleurs amis dans cette aventure.
Vers 18h, j’ai reçu un texto de Gabriele, un Italien de notre dortoir qui avait emménagé quelques jours après nous et avec qui nous avions un peu sympathisé (il faut bien avouer qu’en plus d’être très avenant, son sourire y était pour beaucoup dans notre amitié les premiers jours). Il me proposait d’aller voir le match avec deux autres garçons du dortoir que j’avais rencontré une fois, et son mentor, Audrè. J’ai donc lancé l’idée aux gens avec qui j’étais (Marine, Filipe du Portugal et Petro d’Ukraine) et on a rejoint l’autre petit groupe aux alentours de 19h devant l’hôtel de ville. Bien sûr, ils étaient au milieu de la foule d’environ 300 personnes hein, évidemment, sinon c’est pas marrant, c’est trop facile pour les retrouver.
C’est donc là que nous avons fait la connaissance de Dimitar de Macédoine et d’Uran du Kosovo. Je les avais rencontrés pour la première fois quelques jours avant, le jour de la Welcome Party, mais je n’avais aucun souvenir de leur visage. Seulement leur pays d’origine, plutôt peu commun avouons-le, étaient restés dans mon esprit.
Ils sont plutôt sympas et marrants donc on parle bien et ils veulent apprendre des « bad words » en français. C’est parti pour tous les « putain », « merde » et « connasse » qui se sont retrouvés sur une vidéo bien connue. Dimitar est timide, Uran pas bavard mais Gabriele est là pour combler les blancs et faire rire tout le monde. C’est également là qu’on assiste aux premières vannes entre pays, auxquelles on se fera rapidement. En effet, la Serbie affronte la Lituanie ce soir, et on sait tous que les Kosovars ne sont pas les meilleurs amis des Serbes. « Je suis plus pour la Lituanie ce soir que les Lituaniens eux-mêmes » nous lance Uran le plus naturellement du monde.
Si à ce moment-là quelqu’un m’avait dit que je passerais tout mon temps avec ces garçons, qu’ils deviendraient comme des frères pour moi et qu’ils me manqueraient lorsque je ne les verrais pas pendant deux jours, je l’aurais regardé de haut en bas lui conseillant d’arrêter sérieusement le 999 (ou 666, boisson lituanienne à base de vodka (je crois ?) aromatisée mais très forte). Et pourtant… C’était le début de ma vraie vie qui commençait et je n’en avais pas le moindre soupçon.
Je veux bien être ton éditeur quand tu publieras ça sous forme de livre. C'est parfait Ju, ça déchire !
RépondreSupprimerhaha, pssss -__- merci :)
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