Départ pour la Lituanie pour plusieurs mois... On n'a jamais vraiment su pourquoi ^^

jeudi 10 février 2011

2-7/02/11 - Paris, France + Amsterdam, Hollande, Pays-Bas

 “I have found out that there ain’t no surer way to find out whether you like people or hate them than to travel with them.*” - Mark Twain



Il est 19h30 lorsque je reçois un message de notre Macédonien préféré « Where are you frenchy ??? ». Bon, ok, on a prit un peu de retard sur la route Marine et moi, et du coup on n’est pas à l’aéroport à l’heure pour récupérer nos trois hommes perdus dans le grand (ironique) aéroport de Paris-Beauvais.
On arrive à fond sur le parking et on voit les trois… Avec leur valise… My boys… Les crapules.
Enfin enfin, hug comme si on ne s’était pas vu depuis des semaines et on embarque ; c’est pas tout ça mais, ya des parents qui nous attendent à la maison pour un festin de rêve.
Dans la voiture, au début les conversations fusent pour nous raconter ce qu’on a raté (apparemment, une soirée un peu arrosée) puis le silence s’installe progressivement… Ils se remettent à parler de plus en plus alors qu’on se rapproche de chez moi… Seraient-ils angoissés ? Haha. Alors qu’on se gare devant la maison, la lumière dans la cuisine n’arrange en rien la situation.

Dimitar : Bon bah… Allez…
Uran : T’y vas en premier !
Dimitar : Quoi ! Nan nan c’est mort ! Toi !
Gabriele : Moi ? Pourquoi moi ?
Uran : Tu parles français !
Gabriele : Quoi ? Mais nan !
Dimitar : Si si, c’est mort, c’est pas moi !

Et ça a 23 ans… Mon père ouvre la porte en grand et voilà, ils ne peuvent plus s’enfuir. Heureusement pour nous une délicieuse odeur s’échappe de la cuisine ; on les tient.

Gabriele : Bonsoir, je m’appelle Gabriele. Enchanté.
Dimitar : Bonsoir, je m’appelle Dimitar. Enchanté.
Uran : Uran.

Haha, Kosovo l’escroc ; mais bon, ils ont bien apprit leur texte, c’est bien. Bon ils s’aperçoivent rapidement qui n’y a pas vraiment de raison d’avoir peur de mes parents aux premiers abords et on passe à l’apérif puis à table. Pfouu, à table. Ce repas… En entrée, foie gras sur petits toasts grillés, suivi d’un confit de canard magique accompagné de ses pommes de terre à la sarladaise. Vous imaginez après 4 mois à manger de la salade/pâtes/pizzas/trucs bizarres… Les garçons en redemandent ! Et pour conclure ce festin de roi, macarons… Fiou, ils devraient venir plus souvent ^^ On discute tous ensemble (Je deviens folle à devoir traduire en français et en anglais à tout le monde pour que tout le monde comprenne. Je ne sais plus à qui parler en quelle langue. Je raconte les blagues à mes parents en anglais et les explique à Uran en français. « tu te rends bien compte que je ne comprend pas ce que tu me dis, hein ? ») ; on est tous blindés, on boit du champagne, le vin est bon, notre petite semaine s’annonce plutôt bien.
Dans ma chambre, on se tape des fous rires comme il est même pas permis (si je parle de Miss Smiljanovska, Robin « fucking » Hood ou encore des pyjamas de Dimitar, ça ne vous dira sûrement rien mais ça a une importante signification pour chacun d’entre nous – et il est à peu près certain que l’un de nous ne pourra pas s’empêcher de rire si on en mentionne un). Il est vraiment temps d’aller se coucher.




Marine et moi nous levons aux aurores afin de préparer à nos invités un petit-déjeuner français digne de ce nom ! Au menu : jus d’orange, lait, pains au chocolat, croissants et café. Ils découvrent la vraie vie, enfin.
Et puis à 9h45, direction la capitale ! Paris, here we come !
On fait la tournée obligatoire : Invalides, La Tour Eiffel (à pieds ladies and gentlemen !), le Trocadéro, l’Arc de Triomphe (à pieds ladies and gentlemen ! – pas le choix de toute façon), les Champs Elysées, la Place de la Concorde, l’Assemblée Nationale, rue de Rivoli, le Musée du Louvre, la Madeleine et enfin l’Opéra (avec un goûter à La Brioche Dorée). Epuisant mais superbe. Je réalise à quel point cette ville et belle et riche. Il y a vraiment de tout et vous ne me prendrez plus jamais à critiquer Paris ! Je le promets !




Ah oui, quelque-chose qu’on ne réalise pas trop lorsqu’on se promène dans Paris ou qu’on visite. C’est gratuit, c’est bien. C’est gratuit pour les moins de 26 ans, bien aussi quand t’es étudiant et fauché… Mais un peu moins quand tu n’es pas étudiant de l’Union Européenne (mais fauché quand même) ; et quand on se promène avec un Kosovar et un Macédonien c’est quelque-chose qu’on remarque. Ils étudient en Lituanie me direz-vous. Effectivement, mais à Paris ils en ont un peu rien à faire. Il faut être né dans un pays de l’Union Européenne (et oui, c’est différent de l’Europe, madame qui-vend-des-tickets-au-tombeau-de-Napoléon) ou étudier en France. Et bien bravo…


Enfin enfin… Après qu’on se soit plus ou moins évanoui de fatigue dans la voiture, on arrive juste devant le Trocadéro à 19h pétantes.

Uran : Eh ! Vous avez vu ? Qu’est-ce qui arrive à la Tour Eiffel ?

Et oui, toutes les heures, à partir de 19h, notre très chère Madame de Paris scintille pendant 5 minutes. C’est le moment pour toutes les photos et les émerveillements des novice (mais bon, j’avoue que ça fait toujours quelque-chose… Quel homme ce Gustave !).
Et puis on décide de rentrer alors qu’elle s’éteint juste quand nous rentrons dans la voiture, perfect timing.


Petit passage par notre bon vieux Carrefour parce-que les garçons veulent acheter un truc pour mes parents. Ils m’ont parlé de leur embarras toute la journée et veulent absolument acheter un petit quelque-chose pour les remercier d’un tel accueil et d’une telle générosité. Quinze minutes pour choisir un champagne (Veuve Clicquot ?) et l’image d’Uran dans les escalators avec des fleurs dans les mains pour ma maman est absolument épique.
Le dîner est encore absolument mémorable malgré sa « simplicité » : Macédoine en entrée (grande expérience pour Dimitar) suivie de… haha… Escargots !! La tête d’Uran quand mon père les amène, mémorable. Le sourire un peu figé jusqu’à ce qu’il en mette un dans son assiette. La grande expérience… Mais il en mange deux ! (et maintenant il est très fier de raconter à tout le monde qu’il a eu ça dans son estomac). Ça ressemble trop à un fruit de mer pour convenir aux goûts de Dimitar mais Gabriele est intéressé. The real french touch ^^




Grand débat durant le repas pour savoir qui a ronflé dans la chambre des garçons cette nuit (« ça ronflait fort cette nuit ! ») et énorme fou rire avec Uran à table dont on ne connaît même pas la raison. Avant d’aller dormir, les garçons repartent avec une bouteille de Clairette chacun dans leur valise. La Clairette…. Gabriele en est tombé amoureux : « Je pourrais en boire tous les jours à chaque repas ».

Le vendredi 4 février, café, musique, brioche, jus d’orange, tartine et c’est re-parti !
Montmartre, Pigalle, le Moulin Rouge, le Sacré Cœur, Notre Dame, le Quartier Latin, la Sainte Chapelle, la Sorbonne, le Panthéon et le palais du Luxembourg… Encore une bien intense journée ! Sous la presque-neige et dans le très-froid. Mais on est Lituanien depuis 4 mois, plus rien ne nous arrête ! Sauf encore un ticket d’entrée lorsqu’on n’est pas Union Européen… Mais dans un café, Uran est très fier de commander son cappuccino tout seul « Un café, s’il-te-plaît »… A peu de chose près, c’est ça ;) On rentre par le Bois de Boulogne, ça les fait bien marrer. « oh regarde lui !! Il s’arrête ! hahaha ! » Et ça a 23 ans…
Ce soir,  c’est dîner chez les Drezet, donc passage par Monoprix pour acheter à boire puis direction la maison. Même la maman est là ! On sera plus tard rejoint par Dorian et puis tout le monde passe à table. Pfou, Papa Drezet nous a sorti la raclette ! De la raclette ! On n’en mange pas assez souvent. Et les garçons sont trop contents. Et comme si on n’était pas assez plein, moelleux au chocolat faits-maison avec sa boule de glace Ben & Jerry’s… Fiou, heureusement qu’il y a toujours de la place pour la Ben & Jerry’s.
Vers 23h, des copines de Marine débarquent… Iiih, demain, levé à 4h et l’heure tourne ! Mais c’est toujours sympa donc bon, on a du mal à rejoindre la chambre.

Le lendemain, départ aux aurores, et les vraies aurores cette fois. Il est 6h30 lorsque Marine démarre le moteur de la voiture – on avait prévu 6h « maximum ! » mais bon, on a rarement ce qu’on veut dans la vie. Drezet est volant et ça comate sévère derrière.
Gabriele finit par prendre le relai et on arrive à l’hôtel vers midi. Après un enregistrement difficile (c’est sympa un réceptionniste qui fait des blagues, mais pas pendant 20 minutes…), on apprend que Marine et moi ne sommes pas dans la même chambre. Mais on est des filles fortes et on peut passer une nuit loin l’une de l’autre ; à partager notre « chambre » avec 15 autres filles. Ah oui parce-que l’hôtel que l’on a choisi est chrétien et les chambres ne sont donc en aucun cas mixte (êtes-vous fous ??).
C’est pas grave ! Et on s’enfuit quand même assez rapidement pour faire un tour de la jolie ville qu’est Amsterdam ! Et oui, on emmène nos garçons pour leur première fois en Hollande, quelles cools potes on fait quand même ! Aussi bizarre que cela puisse paraître, notre hôtel est en plein centre du quartier rouge (pas vraiment réputé pour ses sabots ou ses moulins), et nos petits hommes sont donc surpris de découvrir qu’il y a vraiment des prostituées en vitrine à toute heure du jour et de la nuit. « C’est super gênant ! T’oses presque pas les regarder ! ». Quelles petites natures.




Bon, en tout bon touriste à Amsterdam, visite d’un Coffee Shop (ce ne sont donc pas des rumeurs ?!) et puis on va se perdre un peu dans la ville. Déjeuner au Burger King où Uran nous fait la démonstration d’un passage de commande rapide et efficace. En effet, il est concentré sur les lèvres de la serveuse et répond à chacune de ses questions le plus vite possible.

- Quel men/DOUBLE WHOPER
- Normal or larg/LARGE
- Quelle boiss/COKE
- Ketchup or may/LES DEUX

Aucune perte de temps mais ça fait bien rire la serveuse (et moi bien sûr, qui n’en perd pas une pour me moquer d’un « stoner »).
On fait ensuite un bien plus grand tour de la ville avant de finir dans un autre coffee shop. Mais on s’est couché tôt et tout le monde est au lit à 20h, haha, vous parlez d’aventuriers…

Le lendemain, réveil (difficile) à 9h (je crois de plus en plus qu’il va nous falloir deux mois entiers pour rattraper touuuuut le sommeil accumulé depuis septembre… on est mal barrés les enfants !).
On décide d’aller voir la maison d’Anne Frank… Quels naïfs on fait… La plupart des gens qui viennent à Amsterdam vont visiter cette maison ; et ils sont là depuis 9h du matin (heure à laquelle, je rappelle, on a difficilement émergé, avant de se taper des bons pancakes, faire nos valises, marcher jusqu’à la voiture…). Bon, inutile de préciser que le temps d’attente était à peu près égal à celui qu’on avait pour le reste de notre journée, donc on abandonne l’idée de se cultiver et on retourne se perdre dans la ville – encore derrière le guide Gabriele. On voit des jolies statues, on va jouer aux jeux d’un parc public on se re-retrouve dans un coffee shop et il est temps de partir. On va goûter aux « meilleures frites de la ville » (qui peuvent mériter leur réputation) et on est parti. On fait un petit détour par la très célèbre statue/symbole I AMSTERDAM. Les gars ont soudain une envie irrésistible de l’escalader et avant même qu’on ait le temps de dire quoi que ce soit, Dimitar trône déjà fièrement sur le M. Uran essaye de le suivre mais alors qu’il commence à se hisser (difficilement) entre le S et le M, Gabriele se précipite derrière et lui tire les jambes (bien sûr pour faciliter l’ascension). Lorsqu’ils sont enfin tous les 3 là-haut, très content d’eux, commence la descente, pas aussi facile qu’ils auraient espéré…







Après un deuxième petit déjeuner (pain-nutella-beurre de cacahouètes) en face de l’ambassade d’Allemagne, on reprend la route pour de bon. Marine commence encore puis je prends le relai pour les quatre dernières heures. On arrive chez Marine Drezet vers 19-20h complètement épuisés mais un dîner qui sent bien bon nous attend encore sur la table de la salle à manger : Daube à la provencale avec gratin dauphinois et tarte aux pommes faite maison en dessert. Pffou ! Vivement qu’on retourne à notre régime Erasmus pour éliminer tout ça ! haha !





Pour le dernier jour des garçons dans notre beau pays, on décide de les amener à Versailles, visiter la jolie ville du Roi Soleil. Le temps est superbe, les lunettes de soleil sont de rigueur et vindiou que ça fait du bien !
On se promène dans les jardins, il n’y a personne, c’est parfait !

Uran : Ces jardins sont tellement grands je suis sûre que toute ma ville pourrait tenir dedans !

Alors que nous nous dirigeons vers l’entrée du château pour acheter les billets, qu’elle n’est pas notre surprise d’apprendre qu’il est fermé au public.

Garde : Le château est fermé au public tous les lundis.
Nous : Vraiment ?!
Garde : Oui oui, depuis 45 ans déjà.

Ok, bon, il faudra qu’on revoit nos références…
Mais bon, on n’est pas des touristes, on a toujours un plan de rechange : direction la Quartier Saint Louis puis la place du marché où on se prend un petit café/cocktail en terrasse. Oui oui oui, EN TERRASSE !! Vous imaginez notre plaisir. Sentir le soleil sur notre peau, sentir la chaleur sur notre peau !! On n’y croyait plus nous ! On avait oublié le plaisir que ça procurait ! On va ensuite à la crêperie juste à côté pour un déjeuner bien breton ! Bolée de cidre et crêpes, home sweet home mes amis ^^ Le repas est délicieux et les garçons aiment vraiment vraiment. « Le retour à Vilnius va être très difficile ! » qu’ils disent… « La cathédrale de Vilnius comparée à Versailles… Les « bandele » comparés aux croissants, la « old town » comparée à Paris… ». Aaah, c’est toujours bon à entendre ^^



Bon c’est pas tout ça, mais il est déjà presque 17h et ils ont un avion à prendre à 19h30. Gabriele au volant on prend la route pour la capitale, une dernière fois avant un bon moment…
Embouteillages, accidents, déviations… Le sort s’acharne contre nous et jusqu’aux dernières minutes on ne pense vraiment pas qu’on pourra le faire. La tension monte quelque peu dans la voiture, Uran promet même de se retenir de faire pipi jusqu’à ce qu’ils soient dans l’avion. « C’est le sacrifice que je vais faire ». Et enfin « Beauvais » est affiché, puis « aéroport », puis une simple flèche ; c’est bon signe, c’est bon signe… On arrive sur la parking à 30km/h, le moteur n’est même encore éteint que Uran a déjà un pied dehors, Dimitar, après s’être battu quelques secondes (bien trop longues) avec sa ceinture arrive à se délivrer et le coffre est ouvert lorsque Gabriele arrive. En l’espace de 30 secondes ils ont chacun récupérés leur valise et courent vers les portes de l’aéroport, leur bagage à la main et le manteau sous le bras. « ok girls, we love you ! ». Aussi simple que ça. Mais malgré tout, cette course valait vraiiiiiiment la peine d’être vue, et je ne regrette en rien ces embouteillages ! Je n’aurais raté cette course pour rien au monde.





Retour à la maison à 20h30 et Matthieu, Amandine et Rafael sont là ; à m’attendre J Les pizzas sont commandées et Lise et Christine passent me voir un petit après. J’aimerais pouvoir me poser un peu plus quand même. Mon avion pour rentrer est à 7h15 demain matin… ça fait pas très long avec ma famille tout ça… Et Pierre est passé me voir vers 23h pendant que je faisais ma valise ^^ Des millions de trucs à raconter en quelques minutes… On fait de notre mieux.

Ah la la, une semaine intense mais géniale : mes parents qui ont rencontré mes amis ("She knows, she f*cking knows !"), la première fois d’Uran à Paris (et je dois avouer que voir un garçon de 24 ans s’émerveiller devant des choses banales pour nous c’est assez magique), j’ai conduis quatre heures d’affilées, les garçons ont rencontrés un drag-queen dans la salle de bain de leur chambre… 
Uran a dit “Guys, we’re fucked. It’s not like we see each other in the corridor “hi, fuck you”. We go on holidays together and we lived in your house. We are really friends, we’re fucked” **, et je l’ai détesté pour tant de lucidité.

True love 1

True love 2


* "J'ai découvert qu'il n'y a pas de moyen plus sûr pour savoir si l'on aime des gens ou si on les déteste que de voyager avec eux."
** "Les gars, on est foutu. Ce n'est pas comme si on se croisait juste dans les couloirs "salut, casse-toi". On part en vacances ensemble et on a vécu dans vos maisons. On est vraiment potes. On est foutu"

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